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Cet engagement figure dans le Plan de développement économique et social (PNDES). Il est aussi repris dans la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier Ministre DABIRE du 18 février 2019.


Depuis 2016, le gouvernement a décidé de la mesure de gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes.
Cette mesure couvre environ 25% de la population burkinabè.
La gratuité de la prise en charge s’est étendue au dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus et au traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus par cryothérapie.
En 2018, la mise en œuvre de cette mesure a coûté 31 967 107 839 FCFA. (Source : Rapport de gratuité/DES, p.31). On a enregistré 774 414 accouchements réalisés dans les formations sanitaires en 2018, soit 83,1% de taux d’accouchement assistés et 12,5% d’accouchements dystocique (Source : Annuaire statistique 2018, Ministère de la santé, p.133).  

En fin juin 2019, le nombre de soins offerts est de 5 699 047 pour un coût total de 12 619 429 008 FCFA. Au premier semestre 2019, au total 3 001 501 femmes ont bénéficié de la prise en charge gratuite des soins pour un montant dépensé est de 7 118 879 195 F CFA.
Au premier semestre 2019, le nombre d’accouchements assistés est de 287 735, soit un taux d’accouchements assistés de 29,47% pour une cible annuelle de 90%. La région des Cascades enregistre le taux le plus élevé avec 43,99% pendant que la région du Sahel a le taux le plus bas avec 24,06%. 1 576 774 636 F CFA a été mobilisé pour offrir ces prestations et services.

Pour le cas des césariennes, on note qu’au premier semestre de l’année 2019, le taux de césarienne réalisée est de 0,76% contre 0,9% pour S1 2018, comparativement à la cible de 2019 qui est de 10%.
Le montant de la réalisation de ce produit s’élève à 776 048 317 F CFA ;
Selon l’annuaire Statistique 2018 du Ministère de la Santé, en 2018, on a enregistré un taux de 117,0 décès maternels pour 100 000 parturientes. On note que les hémorragies demeurent la cause principale de décès pour cause de complication, soit 252 cas de décès maternels pour cause d’hémorragie au cours de l’année.

Par ailleurs, malgré la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans, on a enregistré 4 262 décès néo-natals pour les enfants de 0 à 6 jours ; 698 décès néo-natals pour les enfants de 7 à 28 jours soit un total de 4 960 décès néo-natals au cours de l’année 2018 (Source : Annuaire Statistique 2018 Ministère de la Santé, page 141).
Au cours des années 2018 et 2019, la politique de gratuité s’est poursuivie avec des fortunes diverses. Les difficultés n’ont pas manqué et nos sorties terrain ont permis de noter quelques-unes.


S’il faut saluer la politique de gratuité, il convient de signaler que sa mise en œuvre sur le terrain rencontre d’énormes difficultés. La persistance des ruptures de médicaments et d’intrants, la non prise en compte des médicaments de spécialités et le déficit de sensibilisation à l’endroit de la population, le manque de motivation des ressources humaines. A la crise qui a secoué la direction de la CAMEG vient s’ajouter l’insuffisance d’appropriation par tous les acteurs. On note une tendance très inquiétante des taux de ruptures de médicaments traceurs qui sont passés de 77,0% en 2015 à 28,0% en 2016 et de 18,6% en 201 pour chuter à 13,0% en 2018 (Source : Annuaire Statistique 2018 Ministère de la Santé, page 4). On constate donc avec grande préoccupation que la capacité de l’Etat a assuré efficacement la mise en œuvre de la gratuité des soins est marginale avec un taux de dégradation de 64% pour les formations sanitaires et les dépôts MEG d’avoir un stock sécurisé de façon permanente et en temps réel.

Nous avons également noté que dans certaines formations sanitaires, l’ordonnancier n’était pas de bonne qualité rendant ainsi difficile le contrôle de la gratuité. Cela pourrait entrainer à tort ou à raison des suspicions à l’égard du personnel soignant.
En outre, l’arrêt du pré-positionnement des fonds par l’Etat pour permettre la prise en charge de la gratuité constitue un handicap majeur.

L’Etat n’a pas encore pu solder ses dettes vis-à-vis de la CAMEG et la politique de remboursement instaurée n’est pas efficace ; ce qui cause d’énormes difficultés pour les formations sanitaires. Nos constants sur le terrain nous ont permis de relever qu’il existe des formations qui n’ont pas reçu leurs remboursements six (06) mois après alors que le délai initial était de deux à trois mois.
Lors des échanges avec plusieurs acteurs du domaine de la santé, nous avons constaté qu’il était difficile pour un patient de quitter le CM avec un bulletin pour venir bénéficier de la gratuité des soins dans un CHR.
L’exclusion de certains soins et actes de la politique de santé va à l’encontre du principe de continuité des soins et rend la mesure moins efficace.
Pour une meilleure application de la gratuité des soins, il est indispensable que toutes les structures de santé tant publiques que privées soient intégrées au processus et prises en compte dans le mécanisme, surtout avec l’avènement de l’AMU.

Il n’est pas compréhensible que certaines structures publiques n’appliquent pas la politique de gratuité comme c’est le cas de l’hôpital de Tengandogo qui demeure une structure dont les pratiques vont à l’encontre de plusieurs principes du service publique et du respect des droits humains en matière de santé.
Par ailleurs, pour une meilleure couverture des césariennes, il est nécessaire de rendre disponibles les infrastructures et équipements adéquats pour la réalisation des actes et le personnel qualifié (attaché de santé, médecins généralistes, gynécologues, chirurgiens).

Engagement en cours de réalisation
Date de l'évaluation : 08-2019