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On entend par « Pharmacie Hospitalière, une structure où se mène l’ensemble des activités relevant du monopole pharmaceutique qui sont organisées à l’intérieur d’un établissement de soins public ou privé, au bénéfice exclusif des malades qui y sont hospitalisés et traités ».

Il s’agit de rendre disponibles et accessibles au lit du malade 100% des produits de santé essentiels par niveau de soins à travers le développement de la Pharmacie hospitalière dans les CHU et CHR.

Les composantes de la pharmacie hospitalières sont essentiellement :

  1. la gestion des approvisionnements et des stocks ;
  2. la pharmacie clinique ;
  3. les préparations magistrales et hospitalières ;
  4. la stérilisation et l’hygiène hospitalière ;
  5.  la dispensation individuelle nominative ;
  6.  les vigilances ;
  7. l’information médicale.

En mars 2018, un directeur de la pharmacie hospitalière fut nommé. Il est en charge de la nouvelle direction de la pharmacie hospitalière.

Au cours de l’année 2018, seul quatre (04) CHU et CHR ont mis en œuvre la pharmacie hospitalière à savoir le Centre hospitalier universitaire Tengandolo, le Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle, l’hôpital de district de Bogodogo et le Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Gaoua. Cette politique gagnerait donc à être généralisée dans tous les CHR du pays.

Selon les informations officielles :

La pharmacie hospitalière a connu la mise en œuvre de la composante dispensation journalière individuelle nominative en 2018 dans le Centre Hospitalier Universitaire de Tengandogo, de Bogodogo et dans deux services pilotes de Charles De Gaule. La mise en œuvre s’est poursuivie en S1 2019 dans ces structures. Toutefois, l’hôpital pédiatrique Charles De Gaule envisage l’extension de la dispensation journalière individuelle nominative à tous les autres services. Toujours concernant la DIN, les hôpitaux Saint Camille et le CHU-Yalgado sont en pleine réorganisation pour entamer la mise en œuvre de la stratégie.

Les composantes telles que la gestion des approvisionnements et des stocks ; la stérilisation et l’hygiène hospitalière sont mises en œuvre de façon transversale dans les 8 CHR et les 5 CHU. On note que tous les CHR et CHU dispose de dépôt pharmaceutique en leur sein. Il en est de même pour les 45 CMA qui disposent chacun d’un DMEG fonctionnel. La principale source d’approvisionnement en MEG pour les hôpitaux demeure la CAMEG qui livre ces structures au besoin et selon la disponibilité des stocks. Malheureusement, on note que seul 13% des DMEG n’ont pas connu de rupture de stocks au cours de l’année 2018. Ce qui montre que cette mesure connaît de vrais obstacles à sa mise en œuvre effective.

Au titre de la stérilisation et l’hygiène hospitalière, les CHR, CMA et CHU sont appuyés dans leurs activités par Expertise France à travers le projet PRISMS et par JHPIEGO depuis 2017. On note qu’en dehors des centres hospitaliers universitaires de Tengandogo et de Bogodogo qui disposent chacun d’une unité de stérilisation centralisée, la stérilisation se fait de façon dispersée au niveau des autres hôpitaux. Elle concerne les champs opératoires, les boites d’accouchement, le matériel chirurgical… Par ailleurs, nos constats sur le terrain nous montrent que l’hygiène n’est pas la chose la mieux partagée dans nos formations sanitaires tant en milieu rural qu’urbain : des toilettes internes et/ou externes mal entretenues, des espaces sanitaires très souvent envahis par des ordures et des herbes, des eaux usées, etc. Pire, on assiste à des coupures d’eau parfois prolongé dans des formations sanitaires, y compris dans les blocs opératoires rendant difficile sinon impossible le travail, comme c’était le cas à l’hôpital Yalgado Ouédraogo le dimanche 4 août 2019.

Les préparations hospitalières sont en plein essor dans les hôpitaux. A cet effet, un pharmacien galéniste a été identifié comme expert national pour assurer la formation des acteurs au niveau des hôpitaux sur la préparation de la solution hydro-alcoolique dans le cadre des appuis d’Expertise France (PRISM) et JHPIEGO a l’ensemble des CMA, CHR et CHU du pays. A cela s’ajoute les activités de mouillage de l’alcool, la préparation de l’eau de javel et la préparation de sirop pour des malades spécifiques (sirop de morphine au CHU-CDG et au CHU Bogodogo).

La pharmacie clinique est actuellement mise en œuvre dans tous les CHU.

Enfin, les vigilances sont également mises en œuvre de façon transversale dans toutes les formations sanitaires.

Les difficultés de mise en œuvre de la PH sont entre autres:

  • l’insuffisance de ressources (humaines, financières et matérielles);
  • l’insuffisance des locaux (pharmacies hospitalières inadaptés et dispersés dans les CHR et CHU);
  • l’insuffisance des textes existants;
  • la non structuration de la pharmacie hospitalière en unité au niveau des CHR;
  • le faible fonctionnement des comités thérapeutiques (protocoles thérapeutiques et liste des médicaments);
  • l’influence des visiteurs médicaux;
  • l’insuffisance de l’allocation budgétaire pour l’approvisionnement en produits de santé;
  • les ruptures fréquentes en MEG.
Engagement en cours de réalisation
Date de l'évaluation : 08-2019