Note conjoncturelle N°35: Ne pas baisser la garde, enforcer les comportements barrières pour faire face à la maladie de COVID-19

Depuis mars 2019, le Burkina Faso vit dans la situation du coronavirus 19. Après la phase de panique et de psychose généralisée, les mesures rigoureuses pour faire face à la situation semblent désormais reléguer aux calendres grecques. Les comportements de ces derniers temps laissent vraiment à désirer : le port du masque et l’observation de la distanciation physique sont presque maintenant sans importance. Cette situation est d’autant plus inquiétante que les mesures barrières sont foulées au pied par tous les acteurs, y compris au plus haut niveau.

En effet, depuis les mois de juillet et août 2020, les activités politiques ont pris le dessus à telle enseigne que les rassemblements et mobilisations se réalisent sans tenir absolument compte de la limitation à 50 le nombre de personnes à réunir pour des activités publiques.

Pourtant, les mesures sanitaires édictées les autorités avaient quelque peu contribué à contenir la maladie dans sa propagation.

Le regain de l’activisme politique conjugué à la saison pluvieuse a conduit à étendre la maladie à des zones jusqu’alors épargnées. Le Burkina Faso vient de passer la barre des 2 000 mille cas de contamination à la date du 25 septembre 2020 (précisément 2 008 dont 680 femmes et 1328 hommes)[1]. Dans un communiqué rendu public le 21 septembre 2020, le Gouverneur de la région du centre-Est indiquait qu’ « un premier cas testé positif a été notifié le 10 septembre dans le district sanitaire de Bittou… A ce jour la région comptabilise huit (8) cas de COVI 19 dont sept (07) cas actifs sous traitements répartis dans quatre (04) districts sanitaires de la région ». Mais cela n’a pas empêché la tenue durant le week-end du 18 au 20 septembre 2020 de la foire du manioc à Bittou qui a drainé du monde.

Ce qui est vraiment paradoxale est que dans tous les communiqués et dans toutes leurs déclarations, « les autorités invitent les populations au respect strict des mesures barrières et de de distanciation sociale afin de limiter la propagation de la maladie dans nos communautés ». Malheureusement, leurs faits et gestes restent aux antipodes de ces messages et appels diffusés à longueur de journées sur les ondes, dans les télévisions et auprès des communautés. Les leaders et formations politiques semblent être les vecteurs et acteurs centraux de l’inobservation des règles et mesures édictées pour atteindre leurs objectifs électoraux.

C’est également dans cette situation peu rassurante qu’intervient la reprise des classes avec des risques d’aggraver la propagation de la maladie. Il est par conséquent nécessaire que les autorités à tous les niveaux se ressaisissent et adoptent des comportements exemplaires et cohérents avec les mesures prises, les appels lancés. Les populations doivent également savoir et accepter qu’il s’agit d’un problème de santé qui les expose individuellement d’abord et expose aussi leurs communautés, surtout les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire connaissant des comorbidités.

Ce n’est pas le moment de fouler au pied les mesures. La période qui s’annonce avec à la clef les consultations électorales augure de situations difficiles si rien n’est fait pour minimiser les comportements à risque de contamination. Il ne faut donc pas baisser la garde. Il est indispensable pour tous, gouvernants et gouvernés, d’observer et de respecter les mesures barrières pour éviter que la situation ne s’empire dans notre pays.

 

Diakonia Burkina Faso

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